Droit du Travail et Ruptures

Indemnité de Licenciement 2026 : Calculez votre Minimum

1/4 de mois par année puis 1/3 au-delà de 10 ans. Simulez votre montant, comparez avec le conventionnel et vérifiez l'exonération. Ne signez rien sans calculer.

Mis a jour en juin 2026

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L'indemnité de licenciement est une somme versée par l'employeur au salarié en cas de rupture du contrat de travail à l'initiative de l'employeur. Son montant, encadré par la loi et souvent amélioré par les conventions collectives, dépend principalement de l'ancienneté du salarié et de son salaire de référence. Comprendre les règles de calcul est essentiel pour vérifier que vos droits sont respectés lors d'un licenciement, qu'il soit économique, personnel, ou pour faute (hors faute grave et lourde).

Les conditions du droit à l'indemnité de licenciement

Pour bénéficier de l'indemnité légale de licenciement, le salarié doit remplir les conditions suivantes :

  • Être en CDI : l'indemnité de licenciement concerne uniquement les salariés en CDI. Les CDD donnent lieu à une indemnité de fin de contrat (prime de précarité) distincte.
  • Avoir au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompue chez le même employeur à la date d'envoi de la lettre de licenciement (depuis les ordonnances Macron de 2017, le seuil est passé de 1 an à 8 mois).
  • Ne pas être licencié pour faute grave ou lourde : en cas de faute grave (comportement rendant impossible le maintien du salarié dans l'entreprise) ou de faute lourde (intention de nuire), l'indemnité de licenciement n'est pas due. Le salarié licencié pour faute simple y a droit.

La formule légale de calcul

L'indemnité légale de licenciement est fixée par l'article R1234-2 du Code du travail. La formule est la suivante :

Indemnité = (1/4 de mois de salaire × nombre d'années d'ancienneté jusqu'à 10 ans) + (1/3 de mois de salaire × nombre d'années d'ancienneté au-delà de 10 ans)

Pour les années incomplètes, le calcul est proratisé au nombre de mois. Par exemple, 7 ans et 4 mois d'ancienneté comptent pour 7,33 années.

Exemple 1 – Ancienneté de 6 ans :

Salaire de référence : 3 000 EUR/mois
Ancienneté : 6 ans (inférieure à 10 ans, seule la première tranche s'applique)
Indemnité = 3 000 × 1/4 × 6 = 4 500 EUR

Exemple 2 – Ancienneté de 15 ans :

Salaire de référence : 3 500 EUR/mois
Ancienneté : 15 ans
Pour les 10 premières années : 3 500 × 1/4 × 10 = 8 750 EUR
Pour les 5 années suivantes : 3 500 × 1/3 × 5 = 5 833,33 EUR
Indemnité totale = 8 750 + 5 833,33 = 14 583,33 EUR

Exemple 3 – Ancienneté de 22 ans et 7 mois :

Salaire de référence : 4 200 EUR/mois
Ancienneté : 22 ans et 7 mois = 22,583 années
Pour les 10 premières années : 4 200 × 1/4 × 10 = 10 500 EUR
Pour les 12,583 années suivantes : 4 200 × 1/3 × 12,583 = 17 616,20 EUR
Indemnité totale = 10 500 + 17 616,20 = 28 116,20 EUR

Le salaire de référence

Le salaire de référence retenu pour le calcul est le montant le plus favorable pour le salarié entre les deux formules suivantes :

  • Formule 1 : la moyenne mensuelle des 12 derniers mois de salaire brut précédant le licenciement
  • Formule 2 : le tiers des 3 derniers mois de salaire brut précédant le licenciement (les primes annuelles ou exceptionnelles versées durant cette période sont prises en compte au prorata)

Le salaire brut inclut : le salaire de base, les primes récurrentes (13ème mois, prime d'ancienneté, prime de vacances), les heures supplémentaires, les commissions, les avantages en nature. Il exclut : les remboursements de frais professionnels, les primes exceptionnelles non récurrentes, l'indemnité de congés payés.

Exemple de calcul du salaire de référence :

Salaire mensuel brut : 3 200 EUR. Prime de 13ème mois versée en décembre : 3 200 EUR. Licenciement en mars.
Formule 1 (12 derniers mois) : (3 200 × 12 + 3 200) / 12 = 3 466,67 EUR
Formule 2 (3 derniers mois, avec prorata du 13ème mois) : (3 200 × 3 + 3 200 × 3/12) / 3 = 3 466,67 EUR
Salaire de référence retenu : 3 466,67 EUR

L'indemnité conventionnelle

De nombreuses conventions collectives prévoient des indemnités de licenciement plus favorables que l'indemnité légale. C'est toujours le montant le plus élevé (légal ou conventionnel) qui s'applique. Les conventions collectives peuvent :

  • Prévoir un taux supérieur (par exemple 1/3 de mois par année dès la première année au lieu de 1/4)
  • Prévoir des paliers différents (par exemple un taux majoré après 5 ans au lieu de 10 ans)
  • Inclure des bonifications spécifiques (pour les salariés de plus de 50 ans, par exemple)
  • Réduire le seuil d'ancienneté minimum (accès dès 6 mois par exemple)

Exemples de conventions collectives généreuses :

Convention collectiveIndemnité conventionnelle
Métallurgie1/4 de mois par année (0-7 ans), 1/3 de mois (8-14 ans), 5/12 de mois (15+ ans)
Syntec (bureaux d'études)1/3 de mois par année d'ancienneté
Commerce de gros1/5 de mois par année (0-9 ans), 3/5 de mois (10+ ans)
BanquesTrès variable, souvent supérieure au légal, avec majorations pour ancienneté longue

L'exonération fiscale et sociale

L'indemnité de licenciement bénéficie d'un régime fiscal et social avantageux :

Exonération fiscale (impôt sur le revenu)

L'indemnité de licenciement est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du montant le plus élevé parmi les trois plafonds suivants :

  • Le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle (la partie légale/conventionnelle est toujours exonérée)
  • Le double de la rémunération annuelle brute perçue l'année civile précédant le licenciement
  • 50 % du montant total de l'indemnité versée

Dans tous les cas, l'exonération ne peut pas dépasser 6 fois le PASS, soit 278 208 EUR en 2025 (6 × 46 368 EUR).

Exemple d'exonération fiscale :

Indemnité de licenciement versée : 45 000 EUR. Indemnité conventionnelle due : 30 000 EUR. Rémunération annuelle brute N-1 : 42 000 EUR.
Plafond 1 (conventionnel) : 30 000 EUR
Plafond 2 (2 × rémunération) : 84 000 EUR
Plafond 3 (50 % de l'indemnité) : 22 500 EUR
Plafond retenu (le plus élevé) : 84 000 EUR
L'indemnité de 45 000 EUR est intégralement inférieure au plafond : exonération totale d'IR.

Exonération de cotisations sociales

L'indemnité de licenciement est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 2 fois le PASS (92 736 EUR en 2025). Au-delà, l'excédent est soumis aux cotisations sociales. L'indemnité est également exonérée de CSG/CRDS dans la limite du montant de l'indemnité légale ou conventionnelle (et dans la limite de 2 PASS).

Cas spécifiques de licenciement

  • Licenciement économique : l'indemnité est la même que pour un licenciement pour motif personnel. Cependant, le salarié bénéficie en plus du CSP (Contrat de Sécurisation Professionnelle) ou d'un congé de reclassement dans les entreprises de plus de 1 000 salariés.
  • Licenciement pour inaptitude : si l'inaptitude est d'origine professionnelle (AT/MP), l'indemnité légale est doublée (1/2 de mois par année jusqu'à 10 ans, puis 2/3 de mois au-delà). Si l'inaptitude est d'origine non professionnelle, l'indemnité est normale.
  • Licenciement d'un salarié protégé : nécessite l'autorisation préalable de l'inspection du travail. L'indemnité est calculée normalement, mais des dommages et intérêts supplémentaires peuvent être dus en cas de licenciement irrégulier.

La contestation de l'indemnité

Si vous estimez que votre indemnité de licenciement est insuffisante ou incorrectement calculée, vous pouvez :

  1. Vérifier le calcul : confrontez le montant versé avec la formule légale et votre convention collective. Vérifiez le salaire de référence retenu.
  2. Demander des explications à l'employeur : par courrier recommandé, demandez le détail du calcul.
  3. Saisir le conseil de prud'hommes : en cas de désaccord persistant, vous disposez de 12 mois pour contester le montant versé (si le reçu pour solde de tout compte n'a pas été signé ou a été dénoncé dans les 6 mois).

Les délais de prescription sont de 12 mois à compter de la notification du licenciement pour contester la régularité ou le bien-fondé du licenciement, et de 3 ans pour les créances salariales.

Tableau récapitulatif des indemnités selon l'ancienneté

Pour faciliter la vérification de votre indemnité, voici un tableau avec différents niveaux d'ancienneté pour un salaire de référence de 3 000 EUR :

AnciennetéCalculIndemnité légaleMois de salaire
1 an3 000 × 1/4 × 1750 EUR0,25
5 ans3 000 × 1/4 × 53 750 EUR1,25
10 ans3 000 × 1/4 × 107 500 EUR2,5
15 ans(3 000×1/4×10)+(3 000×1/3×5)12 500 EUR4,17
20 ans(3 000×1/4×10)+(3 000×1/3×10)17 500 EUR5,83
25 ans(3 000×1/4×10)+(3 000×1/3×15)22 500 EUR7,5
30 ans(3 000×1/4×10)+(3 000×1/3×20)27 500 EUR9,17

L'indemnité supralégale (transactionnelle)

En plus de l'indemnité légale ou conventionnelle, l'employeur peut verser une indemnité supralégale dans le cadre d'une transaction. Son montant est librement négocié et varie entre 1 et 24 mois de salaire supplémentaires selon les circonstances. Sur le plan fiscal, elle suit le même régime que l'indemnité de licenciement (exonérée dans les limites de 6 PASS pour l'IR et 2 PASS pour les cotisations).

Le barème Macron des indemnités prud'homales

En cas de licenciement sans cause réelle et sérieuse, le salarié peut obtenir des dommages et intérêts encadrés par un barème (ordonnances Macron 2017) :

AnciennetéPlancher (≥ 11 salariés)Plafond
1 an1 mois2 mois
2 ans3 mois3,5 mois
5 ans3 mois6 mois
10 ans3 mois10 mois
20 ans3 mois15,5 mois
30 ans3 mois20 mois

Ce barème ne s'applique pas en cas de licenciement nul (discrimination, harcèlement, grossesse), pour lequel les dommages et intérêts ne sont pas plafonnés (minimum 6 mois de salaire).

Stratégies pour optimiser votre indemnité de licenciement

Plusieurs leviers permettent de maximiser le montant de votre indemnité de licenciement. Le premier consiste à vérifier attentivement le calcul de votre salaire de référence. L'employeur doit retenir la formule la plus avantageuse pour vous entre la moyenne des 12 derniers mois et celle des 3 derniers mois. Si vous avez perçu des primes exceptionnelles, des commissions importantes ou des heures supplémentaires au cours des 3 derniers mois, ce mode de calcul peut être nettement plus favorable.

Il est également crucial de vérifier le calcul de votre ancienneté. Certains éléments sont parfois oubliés : les périodes de stage intégrées à un cursus pédagogique réalisées dans la même entreprise, les contrats précédents (CDD, intérim) s'ils sont immédiatement suivis d'un CDI, ou encore les périodes de suspension du contrat qui comptent dans l'ancienneté (congé maternité, congé d'adoption, arrêt pour accident du travail).

La négociation d'une indemnité supra-légale constitue un autre levier important. Lors d'un licenciement, surtout si la cause réelle et sérieuse est contestable, le salarié peut négocier une indemnité complémentaire. Cette indemnité transactionnelle bénéficie d'un régime fiscal et social avantageux dans certaines limites. L'indemnité de licenciement est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite du montant légal ou conventionnel, et l'indemnité supra-légale est également exonérée dans la limite de deux fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (soit 92 736 EUR en 2025).

Enfin, n'oubliez pas de réclamer votre indemnité compensatrice de préavis si vous êtes dispensé de l'exécuter. Cette indemnité est égale aux salaires que vous auriez perçus pendant la durée du préavis. Elle est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu, contrairement à l'indemnité de licenciement elle-même. Pensez aussi à vérifier que votre indemnité compensatrice de congés payés a été correctement calculée, en incluant les jours de congés acquis pendant la période de préavis, même non exécuté.

Exemple : Claire, cadre avec 8 ans d'ancienneté et un salaire mensuel de 4 500 EUR, est licenciée. Son indemnité légale est de 4 500 × 1/4 × 8 = 9 000 EUR. Mais sa convention collective (Syntec) prévoit 1/3 de mois par année d'ancienneté, soit 4 500 × 1/3 × 8 = 12 000 EUR. L'employeur lui propose en plus une indemnité transactionnelle de 8 000 EUR en échange d'une renonciation à contester le licenciement. Au total, Claire percevra 20 000 EUR, dont 12 000 EUR totalement exonérés d'impôt et de charges.

À retenir : L'indemnité légale de licenciement = 1/4 de mois par année (0-10 ans) + 1/3 de mois par année (au-delà de 10 ans). Condition : 8 mois d'ancienneté minimum, pas de faute grave/lourde. Le salaire de référence est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et le tiers des 3 derniers mois. Vérifiez toujours votre convention collective (souvent plus favorable). L'indemnité est exonérée d'IR (dans la limite de 6 PASS) et de cotisations sociales (dans la limite de 2 PASS). En cas d'inaptitude d'origine professionnelle, l'indemnité est doublée.

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Sources officielles

Questions fréquentes

Questions frequentes

Qu'est-ce que couvre cet article sur indemnité de licenciement 2026 : calculez votre minimum ?

1/4 de mois par année puis 1/3 au-delà de 10 ans. Simulez votre montant, comparez avec le conventionnel et vérifiez l'exonération. Ne signez rien sans calculer.

Les informations sont-elles à jour pour 2026 ?

Les données et barèmes présentés dans cet article sont mis à jour conformément aux taux et règles en vigueur pour 2026. La date de dernière mise à jour est indiquée en haut de l'article.

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Comment sont calculés les montants présentés ?

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