Allocation de retour a l'emploi (ARE) : calcul et fonctionnement
L'allocation d'aide au retour a l'emploi (ARE), communément appelée « allocation chômage », est versée par France Travail (ex-Pole emploi) aux travailleurs involontairement prives d'emploi. Son montant dépend du salaire antérieur et sa durée d'indemnisation varie selon l'age et la durée de cotisation. Notre simulateur vous permet d'estimer votre allocation journalière et mensuelle selon les règles en vigueur en 2026. Cette page relève de la rubrique simulateurs et a été vérifiée le 2 octobre 2026 sur les barèmes publiés par l'URSSAF, la Sécurité sociale et la direction générale des Finances publiques. Le calcul peut être refait sur le simulateur de la page, Simulateur Chômage ARE, avec vos propres montants. Le calcul porte sur les cotisations obligatoires et le prélèvement à la source ; il ne tient compte ni des primes exceptionnelles, ni des avantages en nature, ni d'une mutuelle d'entreprise, qui se lisent ligne à ligne sur le bulletin. Les montants restent indicatifs : un bulletin de paie dépend de la convention collective, du statut cadre ou non-cadre, du taux de prélèvement à la source transmis par l'administration et de la situation de chacun, et seul le bulletin remis par l'employeur fait foi.
Conditions d'ouverture des droits
Pour bénéficier de l'ARE, le demandeur d'emploi doit remplir plusieurs conditions cumulatives. Il doit avoir travaille au moins 6 mois (soit 130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois (36 mois pour les plus de 53 ans). La perte d'emploi doit être involontaire (licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD, démission légitime). Le demandeur doit être inscrit comme demandeur d'emploi auprès de France Travail dans les 12 mois suivant la fin du contrat et être physiquement apte à exercer un emploi. Il doit également résider sur le territoire français et ne pas avoir atteint l'age légal de départ à la retraite a taux plein.
Le calcul du salaire journalier de référence (SJR)
Le salaire journalier de référence constitue la base de calcul de l'ARE. Il est determine à partir des rémunérations brutes perçues au cours des 24 derniers mois précédant la fin du contrat de travail (ou 36 mois pour les plus de 53 ans). Le total des rémunérations brutes est divise par le nombre de jours calendaires entre le premier et le dernier jour de la période de référence. Les jours non travailles pour certains motifs (congé maternité, maladie, formation) sont neutralises. Les primes annuelles (13e mois, prime de vacances) sont intégrées dans le calcul.
SJR = Salaires bruts des 24 derniers mois / Nombre de jours calendaires de la période
Exemple : pour un salaire brut mensuel de 3 000 euros pendant 24 mois, le SJR = 72 000 / 730 = 98,63 euros.
Le calcul de l'allocation journalière
L'allocation journalière brute est calculée selon deux méthodes, et la plus favorable est retenue :
- Méthode 1 : 40,4 % du SJR + 13,18 euros (part fixe)
- Méthode 2 : 57 % du SJR
L'allocation ne peut être inférieure a 32,13 euros par jour (montant minimum 2026) ni supérieure a 75 % du SJR (plafond). Pour les salariés ayant perçu un salaire supérieur a 4 857,81 euros brut par mois (soit 159,72 euros de SJR), l'allocation est calculée uniquement selon la méthode 2 (57 % du SJR). La part fixe de 13,18 euros est indexée annuellement.
- SJR = 60 000 / 730 = 82,19 euros
- Méthode 1 : 82,19 x 40,4 % + 12,95 = 46,15 euros
- Méthode 2 : 82,19 x 57 % = 46,85 euros
- Allocation retenue : 46,85 euros/jour (méthode 2 plus favorable)
- Allocation mensuelle nette estimée : environ 1 350 euros (30 jours)
La durée d'indemnisation
La durée maximale d'indemnisation dépend de l'age du demandeur à la date de fin de contrat et de la durée d'affiliation. La durée d'affiliation est multipliée par 0,75, la conjoncture du marche du travail étant jugée favorable : un jour travaille ouvre donc droit a trois quarts de jour d'indemnisation. Pour les moins de 55 ans, la durée maximale est de 18 mois (548 jours). Pour les demandeurs ages de 55 ou 56 ans, elle est portée a 22,5 mois (685 jours). A partir de 57 ans, la durée maximale atteint 27 mois (822 jours). Ces bornes d'age s'appliquent depuis le 1er avril 2025.
La degressivite des allocations
Depuis le 1er juillet 2021, une degressivite s'applique aux demandeurs d'emploi de moins de 57 ans dont le salaire brut était supérieur a 4 857,81 euros par mois. Après 6 mois d'indemnisation (182 jours), l'allocation journalière est réduite de 30 %, sans pouvoir descendre en dessous d'un plancher fixe a 92,12 euros brut par jour. Cette mesure vise à inciter les hauts salaires a reprendre un emploi plus rapidement. Les demandeurs de 57 ans et plus ne sont pas concernes par cette degressivite.
Le cumul allocation-emploi
France Travail autorise le cumul partiel de l'allocation chômage avec les revenus d'une activité professionnelle reprise. Le principe est le suivant : le nombre de jours non indemnisés dans le mois est égal au revenu brut de l'activité reprise divise par le SJR. Les jours non indemnisés reportent d'autant la fin de droits, permettant de « lisser » l'indemnisation dans le temps. Ce dispositif encourage la reprise d'activité, même a temps partiel ou en CDD, sans perte seche de droits. Aucune condition de durée minimale n'est exigée pour l'activité reprise.
Les contributions sociales sur l'ARE
L'allocation chômage est soumise a certains prélèvements sociaux. La CSG au taux de 6,20 % et la CRDS au taux de 0,50 % sont prélevées sur l'allocation brute, dans la limite de ne pas ramener l'allocation nette en dessous de 32,13 euros par jour. Une cotisation retraite complémentaire de 3 % est également prélevée. L'ARE est imposable a l'impôt sur le revenu et entre dans le calcul du prélèvement à la source. Le taux de prélèvement applique est communique par l'administration fiscale a France Travail.
Les cas de refus ou de sanctions
France Travail peut suspendre ou supprimer l'allocation dans plusieurs situations : refus de deux offres raisonnables d'emploi, absence injustifiée a un rendez-vous avec un conseiller, refus de suivre une formation prescrite, déclaration inexacte ou omission de déclaration de reprise d'activité. La radiation de la liste des demandeurs d'emploi entraine la suspension du versement de l'ARE. Le demandeur peut contester les décisions de France Travail auprès du médiateur régional puis devant le tribunal administratif.
Démission et chômage
En principe, la démission ne donne pas droit a l'ARE. Toutefois, certaines démissions sont considérées comme legitimes : démission pour suivre son conjoint, démission pour non-paiement de salaire, démission d'un contrat aide pour un CDI. Depuis le 1er novembre 2019, les salariés démissionnaires ayant au moins 5 ans d'ancienneté dans la même entreprise et porteurs d'un projet professionnel réel et sérieux (création d'entreprise, reconversion validée par un CEP) peuvent également bénéficier de l'ARE, après validation de leur projet par une commission paritaire interprofessionnelle régionale.
Chômage et retraite
Les périodes de chômage indemnisé sont prises en compte pour le calcul de la retraite. Chaque jour indemnisé par l'ARE valide un trimestre de retraite (dans la limite de 4 trimestres par an) et genere des points de retraite complémentaire AGIRC-ARRCO. Les points de retraite acquis pendant le chômage sont finances par France Travail. Ce mécanisme de solidarité permet de limiter l'impact d'une période de chômage sur le montant de la future pension de retraite. Il est néanmoins important de noter que les points acquis pendant le chômage sont généralement inférieurs a ceux acquis en activité.
L'ARE et les revenus du patrimoine
Percevoir des revenus du patrimoine (revenus locatifs, dividendes, intérêts bancaires) n'empeche pas de bénéficier de l'ARE. Ces revenus ne sont pas pris en compte dans le calcul de l'allocation ni dans le plafond de cumul emploi-chomage. En revanche, ils sont bien imposables a l'impôt sur le revenu et s'ajoutent a l'ARE pour déterminer le revenu fiscal global du foyer. Le demandeur d'emploi percevant des revenus fonciers importants pourrait ainsi voir son taux de prélèvement à la source augmenter, réduisant le montant net de l'ARE perçu. Il est recommande de moduler son taux de prélèvement sur impots.gouv.fr pour éviter de verser un excedent qui ne serait regularise qu'a l'automne suivant.
ARE et création d'entreprise : ARCE ou maintien de l'ARE
Les demandeurs d'emploi qui créent ou reprennent une entreprise disposent de deux options pour mobiliser leurs droits au chômage. La première est le maintien de l'ARE : l'allocataire continue de percevoir ses allocations mensuelles tout en exerçant son activité indépendante, avec un mécanisme de cumul partiel base sur les revenus declares. La seconde option est l'ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise), qui consiste en un versement en capital de 60 % du reliquat des droits ARE, verse en deux fois (la moitié au démarrage et l'autre moitié six mois après, sous condition d'activité effective). Le choix entre ces deux options dépend de la nature du projet : l'ARCE convient aux projets nécessitant un investissement initial important, tandis que le maintien de l'ARE securise les projets a démarrage progressif.
Impact du chômage sur les droits sociaux a long terme
Au-delà de l'allocation elle-meme, une période de chômage a des conséquences sur l'ensemble des droits sociaux du demandeur d'emploi. Les droits à la retraite continuent de s'acquérir, comme explique précédemment, mais a un rythme généralement plus faible. La couverture maladie est maintenue via le régime général pendant toute la durée d'indemnisation, sans cotisation supplémentaire à payer. Les droits à la formation professionnelle sont également maintenus : le compte personnel de formation (CPF) reste actif et peut être utilise pour financer une formation qualifiante pendant la période de chômage. En matière de logement, les périodes de chômage indemnisé sont prises en compte pour le calcul des aides au logement (APL, ALS) et peuvent ouvrir droit a des dispositifs spécifiques comme le FSL (Fonds de Solidarité pour le Logement) pour éviter les situations d'expulsion.
Les spécificités du chômage des cadres
Les cadres au chômage bénéficient des mêmes règles générales que les autres salariés, mais certaines spécificités méritent d'être soulignées. L'allocation ARE étant plafonnée a 300,21 euros par jour brut en 2026, les cadres a hauts revenus subissent une perte de revenus proportionnellement plus importante que les salariés modestes. La regle de degressivite, réintroduite en 2021, prévoit une réduction de 30 % de l'allocation à partir du 7e mois d'indemnisation pour les allocataires dont le salaire journalier de référence depasse 159,68 euros par jour (soit environ 4 857 euros brut par mois). Le montant après degressivite ne peut toutefois pas être inférieur a 92,12 euros par jour. Les cadres ont également accès aux services spécifiques de l'APEC (Association pour l'emploi des cadres) pour les accompagner dans leur recherche d'emploi, y compris un bilan professionnel et des ateliers de coaching.
Simuler son chômage pour anticiper financièrement
Anticiper le montant de ses allocations chômage est essentiel pour tout salarié, y compris ceux en poste. En cas de licenciement économique, de rupture conventionnelle ou de fin de CDD, il est crucial de savoir a l'avance quel sera son niveau de revenus pendant la période de transition professionnelle. Notre simulateur vous permet d'estimer le montant brut et net de votre ARE, sa durée probable d'indemnisation et le montant du prélèvement à la source qui s'y appliquera. Vous pouvez ainsi planifier votre budget, ajuster votre épargne de précaution et, le cas échéant, négocier de meilleures conditions de départ en connaissant précisément vos droits.
Le cumul emploi-chomage : travailler tout en étant indemnisé
France Travail autorise le cumul d'une activité professionnelle avec le versement de l'ARE, dans certaines limites. Le principe est simple : le demandeur d'emploi qui reprend une activité salariée ou indépendante peut continuer a percevoir une partie de son allocation, a condition que sa rémunération mensuelle ne depasse pas le montant de son ancien salaire brut. Le calcul s'effectue ainsi : France Travail déduit 70 % du revenu brut mensuel de l'activité reprise et ne verse que la différence avec l'allocation mensuelle. Les jours non indemnisés repoussent d'autant la date de fin de droits, prolongeant ainsi la période d'indemnisation. Ce mécanisme est particulièrement utile pour les personnes reprenant un emploi a temps partiel ou exerçant des missions ponctuelles en attendant un emploi stable.
- Allocation mensuelle ARE brute : 1 500 euros (50 euros/jour x 30 jours)
- Reprise d'activité a temps partiel : 800 euros brut par mois
- Montant déduit de l'ARE : 800 x 0,70 = 560 euros
- ARE versée : 1 500 - 560 = 940 euros
- Revenu total : 800 + 940 = 1 740 euros brut
- Jours non indemnisés : 560 / 50 = 11,2 jours reportes en fin de droits
Fin de droits et ASS : que se passe-t-il après l'ARE ?
Lorsque la durée d'indemnisation de l'ARE est épuisée, le demandeur d'emploi peut, sous certaines conditions, bénéficier de l'Allocation de Solidarité Spécifique (ASS). L'ASS est une allocation forfaitaire de 18,17 euros par jour (environ 545 euros par mois pour 30 jours) versée aux demandeurs d'emploi justifiant d'au moins 5 ans d'activité salariée au cours des 10 années précédant la fin du dernier contrat de travail. Elle est soumise a conditions de ressources : le plafond est de 1 271,90 euros par mois pour une personne seule et de 1 998,70 euros pour un couple. Contrairement a l'ARE, l'ASS n'est pas calculée sur le dernier salaire mais constitue un filet de sécurité minimal. Elle est cumulable avec la prime d'activité sous conditions de ressources. Les demandeurs d'emploi de plus de 50 ans ayant epuise leurs droits ARE peuvent également se renseigner sur la garantie de ressources ou sur les dispositifs spécifiques de transition vers la retraite.