Retraite

Cumul Emploi-Retraite 2026 : Nouveaux Droits à Connaître

Depuis 2023, retravailler crée de nouveaux droits à pension. Cumul intégral ou plafonné, plafonds de revenus et impact fiscal : les nouvelles règles décryptées.

Mis a jour en juin 2026

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Le cumul emploi-retraite permet aux retraités de reprendre une activité professionnelle tout en continuant à percevoir leur pension. Ce dispositif, profondément remanié par la réforme des retraites de 2023, offre désormais un avantage majeur : les cotisations versées en cumul emploi-retraite créent de nouveaux droits et permettent la constitution d'une seconde pension. Voici le guide complet des règles applicables, des conditions à remplir et des impacts financiers de ce dispositif.

Les deux formes de cumul emploi-retraite

Il existe deux modalités de cumul emploi-retraite, selon que l'assuré remplit ou non les conditions du cumul intégral :

Le cumul intégral (cumul libre)

Le cumul intégral permet de cumuler sans aucune limitation le montant de la pension de retraite avec les revenus d'une activité professionnelle. Les conditions sont les suivantes :

  • Avoir liquidé toutes ses pensions de retraite de base et complémentaires, dans tous les régimes français et étrangers
  • Remplir les conditions du taux plein : avoir atteint l'âge légal de départ (64 ans pour les générations 1968+) avec la durée de cotisation requise, OU avoir atteint l'âge d'annulation de la décote (67 ans)

Si ces deux conditions sont remplies, vous pouvez reprendre n'importe quelle activité (salariée, indépendante, libérale), chez n'importe quel employeur (y compris le dernier), sans aucun plafond de revenus.

Le cumul plafonné (cumul partiel)

Si vous ne remplissez pas les conditions du cumul intégral (par exemple, vous êtes parti avec une décote ou vous n'avez pas liquidé toutes vos pensions), le cumul est possible mais plafonné :

  • Plafond de revenus : le total de vos pensions de retraite + revenus d'activité ne doit pas dépasser le plus élevé des deux montants suivants : soit 160 % du SMIC (environ 2 827,04 EUR brut/mois), soit le dernier salaire d'activité avant la retraite.
  • Délai de carence : si vous reprenez chez votre dernier employeur, vous devez attendre 6 mois après la date de liquidation de votre retraite.
  • Écrêtement : si le plafond est dépassé, la pension de retraite est réduite du montant du dépassement (la pension n'est pas supprimée, mais écrêtée).

Exemple de cumul plafonné :

Pierre, 62 ans, a pris sa retraite avec une décote. Sa pension totale est de 1 800 EUR brut/mois. Il reprend un emploi à temps partiel rémunéré 1 200 EUR brut/mois.
Total revenus + pension : 1 800 + 1 200 = 3 000 EUR
Plafond (160 % du SMIC) : 2 827 EUR
Dernier salaire d'activité : 3 200 EUR
Plafond retenu (le plus élevé) : 3 200 EUR
Total (3 000 EUR) < Plafond (3 200 EUR) : pas d'écrêtement. Pierre cumule intégralement.

Exemple avec écrêtement :

Monique, 63 ans, pension de 1 500 EUR, reprend un emploi à 1 800 EUR. Dernier salaire : 2 500 EUR.
Total : 1 500 + 1 800 = 3 300 EUR
Plafond retenu : 2 827 EUR (160 % SMIC, supérieur à 2 500 EUR)
Dépassement : 3 300 − 2 827 = 473 EUR
Pension écrêtée : 1 500 − 473 = 1 027 EUR/mois
Revenu total : 1 027 + 1 800 = 2 827 EUR

La création de nouveaux droits (réforme 2023)

La grande nouveauté de la réforme des retraites de 2023 est que les cotisations de retraite versées en cumul emploi-retraite créent désormais de nouveaux droits. Avant cette réforme, les cotisations étaient « perdues » (cotisations de solidarité sans retour). Depuis le 1er septembre 2023, les cotisations ouvrent droit à une seconde pension de retraite.

Conditions pour bénéficier de ce dispositif :

  • Être en cumul emploi-retraite intégral (avoir liquidé toutes ses pensions au taux plein)
  • Avoir repris une activité après la date de liquidation de toutes les pensions
  • Les droits acquis pendant le cumul sont liquidés sous forme d'une seconde pension distincte de la première

La seconde pension est calculée selon les mêmes règles que la première (formule SAM × taux × durée pour le régime de base, et points × valeur pour l'AGIRC-ARRCO). Le taux est automatiquement de 50 % (taux plein) puisque la condition de taux plein était requise pour le cumul intégral.

Exemple de seconde pension :

Jacques, 65 ans, retraité au taux plein avec 172 trimestres, reprend un emploi à temps partiel rémunéré 2 000 EUR brut/mois pendant 3 ans (12 trimestres). Ses salaires annuels durant le cumul : 24 000 EUR.

Seconde pension de base :
SAM (meilleure année parmi les 3) : 24 000 EUR
Taux : 50 % (taux plein automatique)
Durée au RG / Durée de référence : 12/172
Seconde pension annuelle = 24 000 × 50 % × (12/172) = 837,21 EUR/an = 69,77 EUR/mois

Seconde pension complémentaire :
Points acquis en 3 ans : environ 126 × 3 = 378 points
Pension complémentaire supplémentaire : 378 × 1,4159 = 535,21 EUR/an = 44,60 EUR/mois

Gain mensuel total de la seconde pension : 114,37 EUR/mois, versé à vie après la cessation de la seconde activité.

Les formalités à accomplir

  1. Informer votre caisse de retraite : dans le mois suivant la reprise d'activité, vous devez notifier votre caisse de retraite de base (CNAV/CARSAT) et votre caisse complémentaire (AGIRC-ARRCO). Indiquez le nom et l'adresse de l'employeur, la date de début d'activité et le montant de la rémunération.
  2. Fournir les justificatifs : le contrat de travail ou l'attestation de l'employeur, et une attestation sur l'honneur de cessation de toute activité (si applicable pour le cumul intégral).
  3. Cotisations sociales : les cotisations de retraite (base et complémentaire) sont prélevées normalement sur votre salaire, au même taux que pour un salarié ordinaire.
  4. Fiscalité : les revenus d'activité et les pensions de retraite sont cumulés pour le calcul de l'impôt sur le revenu. Ils sont soumis au prélèvement à la source, chacun à son propre taux (taux personnalisé ou taux neutre).

Les types d'activité possibles

En cumul emploi-retraite, vous pouvez exercer :

  • Une activité salariée : CDI, CDD, intérim, temps plein ou temps partiel, chez un nouvel employeur ou l'ancien (avec le délai de 6 mois en cumul plafonné)
  • Une activité indépendante : création ou reprise d'une entreprise individuelle, micro-entreprise, profession libérale
  • Une activité de mandataire social : gérant, président, administrateur de société
  • Une activité artistique : droits d'auteur, intermittent du spectacle
  • Une activité agricole : exploitation agricole à titre individuel ou en société

Certaines activités bénéficient d'une dérogation au délai de carence de 6 mois : activité artistique, littéraire ou scientifique, participation à des activités juridictionnelles, consultations données par un ancien salarié rappelé par son employeur, activités de parrainage ou de tutorat dans l'entreprise.

L'impact fiscal du cumul emploi-retraite

Le cumul emploi-retraite augmente vos revenus mais aussi votre charge fiscale. Les revenus d'activité et les pensions sont cumulés dans le revenu global soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu. En fonction de votre tranche marginale d'imposition, l'impact peut être significatif.

Exemple fiscal :

Retraité célibataire, pension de 2 000 EUR net/mois (24 000 EUR/an). Reprend un emploi à 1 500 EUR net/mois (18 000 EUR/an).
Revenus avant cumul : 24 000 EUR → TMI à 11 %, impôt ≈ 1 218 EUR
Revenus avec cumul : 24 000 + 18 000 = 42 000 EUR → TMI à 30 %, impôt ≈ 5 227 EUR
Surcoût fiscal : 5 227 − 1 218 = 4 009 EUR/an, soit 334 EUR/mois
Revenu net réel de l'activité après impôt supplémentaire : 1 500 − 334 = 1 166 EUR/mois

Les cotisations sociales en cumul

Les cotisations sociales prélevées sur le salaire en cumul emploi-retraite sont identiques à celles d'un salarié ordinaire : environ 22-25 % du brut pour la part salariale. Depuis la réforme 2023, ces cotisations ne sont plus « à fonds perdus » pour les assurés en cumul intégral ; elles génèrent des droits à une seconde pension.

En cumul plafonné, en revanche, les cotisations restent de solidarité et n'ouvrent pas de nouveaux droits. C'est l'une des raisons pour lesquelles il est souvent préférable de réunir les conditions du cumul intégral avant de reprendre une activité.

Impact du cumul sur la réversion

Les revenus d'activité en cumul emploi-retraite sont pris en compte dans les ressources pour la condition de ressources de la pension de réversion au régime de base. Si vous êtes bénéficiaire d'une réversion et que vous reprenez une activité, vos revenus cumulés (pension + activité) pourraient dépasser le plafond de ressources et entraîner une réduction ou une suspension de la réversion.

En revanche, la réversion AGIRC-ARRCO n'étant pas soumise à condition de ressources, elle n'est pas affectée par le cumul emploi-retraite.

Cumul emploi-retraite et assurance chômage

Si vous perdez votre emploi en cumul emploi-retraite, vous ne pouvez pas bénéficier de l'ARE (Allocation d'aide au Retour à l'Emploi). Les cotisations d'assurance chômage sont néanmoins prélevées sur votre salaire (comme cotisation de solidarité). Depuis la réforme 2023, une réflexion est en cours sur l'ouverture éventuelle de droits au chômage pour les cumul emploi-retraite, mais ce n'est pas encore effectif.

Le choix du statut d'activité en cumul emploi-retraite

Le choix du statut sous lequel reprendre une activité en cumul emploi-retraite a des implications fiscales et sociales importantes :

  • Salarié (CDI, CDD) : cotisations sociales classiques (22-25 % du brut en part salariale). Les cotisations créent de nouveaux droits en cumul intégral. L'employeur supporte également les cotisations patronales.
  • Micro-entrepreneur : cotisations forfaitaires sur le chiffre d'affaires (12,3 % à 21,2 % selon l'activité). Simplicité administrative. Plafond de CA à respecter (188 700 EUR en vente, 77 700 EUR en services).
  • Portage salarial : solution intermédiaire offrant le statut de salarié tout en exerçant une activité de conseil ou de prestation. La société de portage gère l'administratif, moyennant des frais de gestion (8 à 12 % du CA).
  • Gérant de société (SASU, EURL) : le président de SAS est assimilé salarié et cotise au régime général. Le gérant majoritaire d'EURL/SARL est TNS. Les deux options ont des impacts différents sur la seconde pension.

Comparaison du revenu net selon le statut (pour un revenu brut de 3 000 EUR/mois) :

Salarié : 3 000 − 690 (cotisations salariales) = 2 310 EUR net avant impôt. Créé des droits à une 2ème pension.
Micro-entrepreneur (services, 21,2 %) : CA nécessaire ~3 800 EUR. Net après charges : 2 994 EUR. Droits retraite plus faibles.
Portage salarial (10 % de frais) : CA 3 333 EUR − 333 EUR frais − 621 EUR cotisations = 2 379 EUR. Créé des droits pension.

Les démarches pratiques pour cumuler emploi et retraite

Pour bénéficier du cumul emploi-retraite, vous devez d'abord avoir liquidé l'ensemble de vos pensions de retraite, de base et complémentaires. Cette condition est impérative pour le cumul intégral. Vous devez ensuite informer votre caisse de retraite de base de votre reprise d'activité dans le mois suivant celle-ci, en précisant le nom et l'adresse de votre employeur, la date de début d'activité et le montant de votre rémunération.

Depuis le 1er septembre 2023, la création de droits nouveaux à la retraite dans le cadre du cumul emploi-retraite intégral constitue une avancée majeure. Les cotisations versées pendant la période de cumul permettent désormais d'acquérir une seconde pension, liquidable au moment de la cessation définitive d'activité. Cette seconde pension est calculée selon les règles classiques du régime général, avec un plafond fixé à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (soit environ 2 318 EUR par an en 2025).

Concernant le statut social du retraité en cumul emploi-retraite, celui-ci bénéficie de la même couverture sociale que tout salarié : assurance maladie, accidents du travail, et validation de trimestres pour sa seconde pension. Il cotise également à l'assurance chômage, bien que la question de l'ouverture des droits à l'ARE en cas de perte d'emploi reste débattue. La jurisprudence tend à reconnaître ce droit sous certaines conditions.

À retenir : Le cumul emploi-retraite intégral est sans plafond si vous avez liquidé toutes vos pensions au taux plein. Le cumul plafonné limite les revenus totaux à 160 % du SMIC ou au dernier salaire. Depuis la réforme 2023, les cotisations en cumul intégral créent une seconde pension (droits nouveaux). Un délai de carence de 6 mois s'applique chez le dernier employeur en cumul plafonné. L'impact fiscal peut être significatif (changement de tranche d'imposition). Les cotisations en cumul plafonné restent de solidarité (pas de nouveaux droits). Informez votre caisse de retraite dans le mois suivant la reprise d'activité.

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Sources officielles

Questions fréquentes

Questions frequentes

Qu'est-ce que couvre cet article sur cumul emploi-retraite 2026 : nouveaux droits à connaître ?

Depuis 2023, retravailler crée de nouveaux droits à pension. Cumul intégral ou plafonné, plafonds de revenus et impact fiscal : les nouvelles règles décryptées.

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