Primes et Avantages Salariaux

Ticket Restaurant 2026 : Plafond, Exonération et Astuces

Valeur maximale exonérée par titre, part employeur de 50 à 60 %, plafond de 25 € et utilisation le week-end : exploitez à fond cet avantage souvent sous-estimé.

Mis a jour en juin 2026

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Les titres-restaurant sont un avantage salarial très répandu en France, utilisé par plus de 5 millions de salariés. Leur valeur, les conditions d'exonération de la part employeur et les règles d'utilisation sont encadrés par la loi et évoluent chaque année. Voici le guide complet pour 2025.

Fonctionnement des titres-restaurant

Le titre-restaurant est un avantage en nature cofinancé par l'employeur et le salarié. L'employeur prend en charge entre 50 % et 60 % de la valeur faciale du titre, le reste étant prélevé sur le salaire du salarié.

La valeur faciale est fixée librement par l'employeur, mais la part patronale exonérée de cotisations est plafonnée. En 2025, le plafond d'exonération de la participation employeur est de 7,18 EUR par titre.

Conditions d'exonération

Pour que la participation de l'employeur soit exonérée de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu, deux conditions doivent être remplies :

  • La participation doit être comprise entre 50 % et 60 % de la valeur faciale
  • La participation ne doit pas dépasser 7,18 EUR par titre (plafond 2025)

Exemple pour un titre de 11,97 EUR :

Part employeur (60 %) : 7,18 EUR (exactement au plafond exonéré)
Part salarié (40 %) : 4,79 EUR (prélevé sur le salaire net)
Coût pour le salarié par jour travaillé : 4,79 EUR
Sur 20 jours ouvrés : 95,80 EUR/mois déduits du salaire
Mais le salarié dispose de 20 × 11,97 = 239,40 EUR de pouvoir d'achat alimentaire

Règles d'utilisation en 2025

  • Plafond journalier : 25 EUR par jour (relevé depuis 2022, ce plafond a été pérennisé)
  • Jours d'utilisation : uniquement les jours ouvrables (pas les dimanches ni jours fériés, sauf pour les salariés travaillant ces jours-là)
  • Lieux acceptés : restaurants, traiteurs, boulangeries, supermarchés (rayon alimentaire uniquement)
  • Pas de rendu de monnaie : le commerçant n'est pas tenu de rendre la monnaie sur un titre-restaurant
  • Validité géographique : département du lieu de travail et départements limitrophes
  • Validité temporelle : l'année civile d'émission + janvier et février de l'année suivante

Le format dématérialisé (carte)

La majorité des titres-restaurant sont désormais émis sous forme de carte à puce (Edenred, Swile, Up, Sodexo). Avantages du format carte :

  • Paiement exact (pas de problème de rendu de monnaie)
  • Suivi du solde en temps réel via l'application
  • Rechargement automatique mensuel
  • Possibilité de paiement en ligne (épiceries en ligne, click and collect)

Impact fiscal pour le salarié

La part employeur exonérée (jusqu'à 7,18 EUR) n'entre ni dans le salaire brut ni dans le net imposable. C'est un avantage fiscal pur. Pour un salarié à TMI 30 %, la non-imposition de la part employeur représente une économie de :

7,18 EUR × 20 jours × 12 mois = 1 723 EUR/an non imposés
Économie d'impôt : 1 723 × 30 % = 517 EUR/an
Économie de cotisations salariales : 1 723 × 23 % ≈ 396 EUR/an
Avantage total : ~913 EUR/an

Titres-restaurant et télétravail

Les salariés en télétravail ont droit aux titres-restaurant dans les mêmes conditions que les salariés sur site, dès lors que leurs conditions de travail ne leur permettent pas de prendre leur repas à domicile dans des conditions normales. C'est la position constante de l'URSSAF confirmée par la jurisprudence. Un jour de télétravail = un titre-restaurant.

Déterminer la valeur faciale optimale du titre

Le choix de la valeur faciale du titre-restaurant n'est pas anodin. Il résulte d'un arbitrage entre le pouvoir d'achat du salarié et la charge financière pour l'employeur et le salarié. Le plafond d'exonération de la part employeur étant fixé à 7,18 EUR en 2025, la valeur faciale optimale se calcule ainsi :

Calcul de la valeur faciale maximale exonérée :

Si la part employeur est de 60 % : valeur faciale = 7,18 / 60 % = 11,97 EUR
Si la part employeur est de 50 % : valeur faciale = 7,18 / 50 % = 14,36 EUR

En pratique, la plupart des entreprises optent pour une valeur entre 9 et 13 EUR, avec une part employeur comprise entre 55 et 60 %.

Rien n'interdit de fixer une valeur faciale supérieure à ces seuils. Cependant, la fraction de la participation employeur excédant 7,18 EUR sera soumise à cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu. De même, si la part employeur dépasse 60 % de la valeur faciale, l'excédent est réintégré dans l'assiette sociale et fiscale.

Titres-restaurant vs prime de repas : quelle solution est la plus avantageuse ?

Certaines entreprises hésitent entre titres-restaurant et prime de repas (ou indemnité de panier). Les deux dispositifs ont des régimes très différents :

CritèreTitre-restaurantPrime de repas (ou indemnité de panier)
FormeTitre (carte ou papier) utilisable chez les commerçants agréésSomme versée avec le salaire
Exonération cotisations (part employeur)Oui, jusqu'à 7,18 EUROui, dans la limite du barème URSSAF (7,30 EUR en 2025 pour repas hors locaux)
Exonération IR (part employeur)Oui, jusqu'à 7,18 EURNon, imposable si prime forfaitaire sans justificatif
Flexibilité pour le salariéLimitée aux commerçants agréés et aux produits alimentairesTotale (somme d'argent)
Coût pour l'employeurValeur faciale + frais de gestion (émetteur, carte)Montant de la prime + cotisations si hors barème

Pour les salariés travaillant sur des chantiers ou en déplacement, l'indemnité de panier peut être plus adaptée. Pour les salariés sédentaires (bureau, télétravail), le titre-restaurant est fiscalement plus avantageux grâce à l'exonération d'impôt sur le revenu.

Avantages pour l'employeur

Au-delà de l'attractivité RH, les titres-restaurant offrent des avantages financiers à l'employeur :

  • Exonération de cotisations patronales : la part employeur exonérée (jusqu'à 7,18 EUR) ne supporte ni charges patronales ni CSG/CRDS. Le coût global pour l'employeur est donc de 7,18 EUR net, contre un coût chargé d'environ 10 à 11 EUR pour une augmentation salariale de 7,18 EUR brut.
  • Déductibilité fiscale : la participation de l'employeur aux titres-restaurant est déductible du résultat imposable de l'entreprise.
  • Outil de fidélisation : les titres-restaurant sont un avantage perçu positivement par les salariés et constituent un argument de recrutement.

Comparaison coût employeur :

Augmentation salariale de 7,18 EUR brut/jour :
Charges patronales (~45 %) : 3,23 EUR
Coût total employeur : 10,41 EUR/jour
Net perçu par le salarié (après cotisations et IR à 30 %) : ~3,82 EUR

Titre-restaurant avec part employeur de 7,18 EUR :
Charges patronales : 0 EUR (exonéré)
Coût total employeur : 7,18 EUR/jour (+ frais de gestion ~0,20 EUR)
Pouvoir d'achat pour le salarié : 7,18 EUR (non imposable)

Le titre-restaurant coûte 30 % de moins à l'employeur tout en offrant 88 % de pouvoir d'achat en plus au salarié.

Que deviennent les titres non utilisés ?

Les titres-restaurant papier non utilisés au 28 février de l'année suivante sont périmés et perdus. Pour les cartes dématérialisées, les émetteurs proposent généralement un échange automatique : le solde de l'année N est converti en solde de l'année N+1 début mars, mais cette pratique varie selon les émetteurs. Certaines conventions collectives prévoient que les titres non utilisés puissent être échangés contre des titres de l'année en cours.

En pratique, le taux de titres non utilisés (aussi appelé « breakage ») est d'environ 2 à 4 %. Les sommes correspondantes restent acquises à l'émetteur et ne sont ni remboursées au salarié ni à l'employeur.

Contrôles et sanctions

L'utilisation abusive des titres-restaurant peut entraîner des sanctions :

  • Pour le salarié : l'achat de produits non alimentaires (alcool fort, tabac, produits d'entretien) avec un titre-restaurant est interdit. Les émetteurs de cartes dématérialisées bloquent automatiquement certains codes marchands (bureaux de tabac, stations-service hors restauration).
  • Pour le commerçant : accepter des titres-restaurant pour des achats non conformes peut entraîner le retrait de l'agrément et des pénalités financières.
  • Pour l'employeur : si l'URSSAF constate que les conditions d'exonération ne sont pas respectées (part employeur supérieure à 60 %, dépassement du plafond de 7,18 EUR), un redressement sur les cotisations éludées est appliqué rétroactivement sur 3 ans.

Titres-restaurant et chômage

Les titres-restaurant ne sont pas pris en compte dans le calcul du SJR servant à déterminer l'ARE. En effet, la part employeur exonérée de cotisations n'entre pas dans l'assiette des rémunérations brutes. Seule la valeur faciale excédentaire (soumise à cotisations) serait éventuellement incluse, ce qui est rare en pratique.

Lors de la portabilité de la mutuelle d'entreprise, les titres-restaurant, eux, cessent dès la fin du contrat de travail. Il n'existe pas de mécanisme de portabilité pour les titres-restaurant. Le demandeur d'emploi perd donc immédiatement ce pouvoir d'achat alimentaire, ce qui peut représenter un manque à gagner significatif (jusqu'à 240 EUR/mois pour un titre de 11,97 EUR × 20 jours).

Évolution historique des plafonds

AnnéePlafond exonération part employeurPlafond utilisation journalier
20205,55 EUR19 EUR
20215,55 EUR19 EUR (38 EUR pendant le Covid)
20225,69 EUR25 EUR (relèvement pérennisé)
20236,50 EUR25 EUR
20247,18 EUR25 EUR
20257,18 EUR25 EUR

Le plafond d'exonération a progressé de 29 % entre 2020 et 2025, reflétant l'inflation alimentaire et la volonté des pouvoirs publics de soutenir le pouvoir d'achat des salariés. Le relèvement du plafond d'utilisation journalier de 19 à 25 EUR, initialement une mesure temporaire Covid, a été pérennisé en 2022.

À retenir : Le plafond d'exonération employeur est de 7,18 EUR en 2025. La part employeur doit représenter 50 à 60 % de la valeur faciale. Le plafond d'utilisation journalier est de 25 EUR. Les titres sont valables l'année d'émission + janvier-février suivant. Les télétravailleurs y ont droit. C'est un avantage fiscal significatif (non soumis à cotisations ni à IR). Le titre-restaurant est plus avantageux qu'une augmentation salariale équivalente, tant pour l'employeur que pour le salarié. Les titres non utilisés après l'échéance sont perdus. L'avantage cesse immédiatement en cas de rupture du contrat de travail.

Stagiaires, apprentis et titres-restaurant

Les stagiaires et apprentis bénéficient de règles spécifiques concernant les titres-restaurant :

  • Stagiaires : les stagiaires bénéficient des titres-restaurant dans les mêmes conditions que les salariés si l'entreprise en distribue. C'est une obligation dès lors que les salariés en bénéficient et que le stagiaire prend ses repas dans les mêmes conditions.
  • Apprentis : les apprentis sont des salariés à part entière et bénéficient des titres-restaurant au même titre que les autres salariés. La part salariale est prélevée sur leur salaire, qui est souvent faible (27 à 100 % du SMIC). Certaines entreprises prennent en charge une part salariale réduite pour les apprentis.
  • CDD de courte durée : les salariés en CDD, quelle que soit la durée du contrat, ont droit aux titres-restaurant pour chaque jour de travail effectué.

Négocier les titres-restaurant en tant que salarié

Lors de l'embauche ou lors des négociations annuelles obligatoires (NAO), les titres-restaurant sont un levier de négociation intéressant :

  • Augmentation de la valeur faciale : passer d'un titre de 9 EUR à 11,97 EUR représente un gain de pouvoir d'achat de 59,40 EUR/mois pour 20 jours travaillés, sans impact fiscal supplémentaire si la part employeur reste dans les limites d'exonération.
  • Mise en place initiale : si votre entreprise ne propose pas de titres-restaurant, proposez-le lors des NAO. L'argument pour l'employeur est le coût réduit par rapport à une augmentation salariale classique (pas de charges patronales sur la part exonérée).
  • Part employeur maximale : négociez une part employeur à 60 % (maximum exonéré) plutôt que 50 %. Pour un titre de 11,97 EUR, cela représente un gain net de 1,20 EUR/jour pour le salarié (24 EUR/mois), soit 288 EUR/an de pouvoir d'achat supplémentaire.

Alternatives aux titres-restaurant

Certaines entreprises proposent des alternatives aux titres-restaurant qui méritent d'être comparées :

  • Cantine d'entreprise subventionnée : l'employeur subventionne un restaurant d'entreprise ou inter-entreprises. La subvention est exonérée de cotisations dans la limite de certains plafonds. Avantage : repas complet à prix réduit. Inconvénient : pas de flexibilité (lieu et horaires imposés).
  • Prime de panier : indemnité forfaitaire versée avec le salaire pour les travailleurs en déplacement ou sur chantier. Exonérée de cotisations dans la limite du barème URSSAF (7,30 EUR en 2025 pour le repas hors locaux d'entreprise).
  • Aucun dispositif : si l'entreprise ne propose ni titres-restaurant ni cantine, le salarié peut déduire ses frais de repas en frais réels (case 1AK de la déclaration de revenus). La déduction est limitée à la différence entre le coût du repas et le montant forfaitaire d'un repas pris à domicile (5,35 EUR en 2025).

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Sources officielles

Questions fréquentes

Questions frequentes

Qu'est-ce que couvre cet article sur ticket restaurant 2026 : plafond, exonération et astuces ?

Valeur maximale exonérée par titre, part employeur de 50 à 60 %, plafond de 25 € et utilisation le week-end : exploitez à fond cet avantage souvent sous-estimé.

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