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Auto-Entrepreneur 2026 : Simulez votre Revenu Net Réel

Cotisations URSSAF, impôt sur le revenu, CFP : entrez votre CA et découvrez ce qui reste en poche. Comparatif complet par activité BIC, BNC et libérale inclus.

Mis a jour en juin 2026

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L'auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) bénéficie d'un régime simplifié de cotisations sociales calculées en pourcentage du chiffre d'affaires. Mais entre le CA facturé et le revenu réellement disponible, le calcul est plus complexe qu'il n'y paraît. Entre les cotisations URSSAF, la contribution à la formation professionnelle, le versement libératoire de l'impôt, la CFE et les frais professionnels, le micro-entrepreneur doit maîtriser chaque poste pour évaluer correctement sa rentabilité.

Les taux de cotisations URSSAF par activité en 2025

Le régime micro-entrepreneur se caractérise par un prélèvement forfaitaire unique sur le chiffre d'affaires, regroupant l'ensemble des cotisations de sécurité sociale : maladie-maternité, retraite de base et complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales et CSG/CRDS.

Type d'activitéTaux URSSAF 2025Exemple pour 5 000 EUR CA
Achat-revente de marchandises (BIC)12,3 %4 385 EUR net
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)21,2 %3 940 EUR net
Prestations de services libérales affiliées à la CIPAV21,2 %3 940 EUR net
Prestations de services libérales affiliées au régime général (BNC)23,1 %3 845 EUR net
Location de meublés classés6,0 %4 700 EUR net

Ces taux ont été modifiés en 2024 pour les professions libérales non réglementées affiliées au régime général (anciennement à 21,1 %), avec un passage à 23,1 % lié à l'intégration de la complémentaire retraite dans le régime général. Vérifiez votre situation sur le site de l'URSSAF pour confirmer le taux applicable à votre activité.

La contribution à la formation professionnelle (CFP)

En plus des cotisations URSSAF, le micro-entrepreneur paie une contribution à la formation professionnelle, calculée sur le chiffre d'affaires :

ActivitéTaux CFP
Commerce0,10 %
Prestations de services BIC0,20 %
Prestations de services BNC0,20 %
Artisanat0,30 %

Cette contribution ouvre des droits à la formation professionnelle. Le micro-entrepreneur peut mobiliser son Compte Personnel de Formation (CPF) pour financer des formations, à condition d'avoir déclaré un chiffre d'affaires positif au cours de l'année précédente.

La taxe pour frais de chambre consulaire

Selon la nature de l'activité, une taxe additionnelle est due à la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) ou à la Chambre de Métiers et de l'Artisanat (CMA) :

  • Commerçants (CCI) : 0,015 % du CA pour les prestations de services, 0,044 % pour la vente de marchandises
  • Artisans (CMA) : 0,22 % du CA pour les prestations de services artisanales, 0,48 % pour la vente et la prestation

Ces montants sont modestes mais s'ajoutent au calcul global du coût de l'activité.

Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu

Le micro-entrepreneur peut opter pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu, un prélèvement forfaitaire qui s'ajoute aux cotisations URSSAF et se substitue à l'imposition au barème progressif. Cette option est ouverte si le revenu fiscal de référence du foyer (N-2) ne dépasse pas un certain seuil (27 478 EUR par part de quotient familial pour les revenus 2023, option pour 2025).

Les taux du versement libératoire s'ajoutent aux cotisations :

ActivitéTaux VFLTotal cotisations + VFL
Achat-revente (BIC)1,0 %13,3 %
Services commerciaux (BIC)1,7 %22,9 %
Services libéraux (BNC CIPAV)2,2 %23,4 %
Services libéraux (BNC régime général)2,2 %25,3 %

Le versement libératoire est avantageux pour les micro-entrepreneurs dont le taux marginal d'imposition (TMI) au barème progressif est supérieur au taux forfaitaire. En règle générale, il est intéressant à partir d'un TMI de 11 % pour les activités de services. Pour un micro-entrepreneur non imposable (TMI 0 %), le versement libératoire est désavantageux car il crée une charge fiscale qui n'existerait pas au barème.

Comparaison avec/sans versement libératoire (prestataire BNC CIPAV, 40 000 EUR CA) :

Avec VFL :
Cotisations URSSAF : 40 000 × 21,2 % = 8 480 EUR
VFL : 40 000 × 2,2 % = 880 EUR
CFP : 40 000 × 0,2 % = 80 EUR
Revenu net : 30 560 EUR (IR payé via VFL)

Sans VFL (célibataire, TMI 30 %) :
Cotisations URSSAF + CFP : 40 000 × 21,4 % = 8 560 EUR
Revenu imposable (abattement BNC 34 %) : 40 000 × 66 % = 26 400 EUR
IR estimé (barème progressif) : ≈ 3 152 EUR
Revenu net après IR : 28 288 EUR

Dans cet exemple, le VFL est plus avantageux de +2 272 EUR/an.

Le revenu réellement disponible : calcul complet

Pour évaluer correctement le revenu disponible en micro-entreprise, il faut intégrer tous les prélèvements et les charges professionnelles réelles :

Prestataire de services BNC (CIPAV), 4 000 EUR CA mensuel, avec VFL :

Chiffre d'affaires mensuel : 4 000 EUR
Cotisations URSSAF (21,2 %) : −848 EUR
Versement libératoire IR (2,2 %) : −88 EUR
CFP (0,2 %) : −8 EUR
Taxe chambre consulaire (≈ 0,02 %) : −0,80 EUR
Revenu avant frais professionnels : 3 055 EUR (76,4 % du CA)

Frais professionnels à déduire (non déductibles fiscalement mais réels) :
Assurance RC Pro : −40 EUR
Mutuelle individuelle : −60 EUR
Logiciel/outils : −30 EUR
Téléphone/internet : −30 EUR
Revenu réellement disponible : 2 895 EUR (72,4 % du CA)

Ce dernier montant est à comparer au salaire net d'un salarié pour évaluer l'équivalence : un micro-entrepreneur qui souhaite percevoir l'équivalent de 2 500 EUR net (salaire salarié) doit facturer au minimum 3 500 EUR HT par mois, en tenant compte de ses frais réels.

Les plafonds de chiffre d'affaires

Le régime micro-entrepreneur est conditionné au respect de plafonds de chiffre d'affaires annuels. En cas de dépassement deux années consécutives, le micro-entrepreneur bascule automatiquement vers un régime réel d'imposition :

ActivitéPlafond 2025Seuil majoré (TVA)
Achat-revente, fourniture de logement188 700 EUR101 000 EUR
Prestations de services (BIC/BNC)77 700 EUR39 100 EUR

Le « seuil majoré » correspond au seuil de franchise de TVA. Au-delà, le micro-entrepreneur doit facturer la TVA à ses clients (et peut la récupérer sur ses achats). En dessous du seuil de franchise, il facture en « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».

La protection sociale du micro-entrepreneur

Le micro-entrepreneur est affilié au régime général de la Sécurité sociale (SSI, ex-RSI) et bénéficie de droits proportionnels à ses cotisations :

Assurance maladie

Le micro-entrepreneur est couvert par l'assurance maladie du régime général. Les prestations (remboursement des soins, indemnités journalières) sont identiques à celles d'un salarié, à condition d'avoir un revenu annuel suffisant. Les indemnités journalières en cas d'arrêt maladie sont calculées sur la base du revenu moyen des 3 dernières années, avec un montant maximal d'environ 60 EUR/jour. Un délai de carence de 3 jours s'applique.

Retraite de base

Les trimestres de retraite sont validés en fonction du chiffre d'affaires. Pour valider 4 trimestres par an en 2025, le micro-entrepreneur doit réaliser un CA minimum de :

  • Achat-revente : 20 740 EUR/an
  • Prestations de services BIC : 12 030 EUR/an
  • Prestations de services BNC : 9 675 EUR/an

En dessous de ces seuils, le nombre de trimestres validés est réduit proportionnellement. Un CA trop faible peut compromettre les droits à la retraite sur le long terme.

Retraite complémentaire

Le micro-entrepreneur cotise à la retraite complémentaire (régime complémentaire des indépendants ou CIPAV selon l'activité). Les droits acquis sont proportionnels au CA et donc aux cotisations versées. Pour un micro-entrepreneur à faible CA, la pension complémentaire sera très modeste.

Ce que les cotisations ne couvrent pas

Le régime micro-entrepreneur présente des lacunes importantes en matière de protection sociale :

  • Assurance chômage : le micro-entrepreneur ne cotise pas à l'assurance chômage et n'a pas droit à l'ARE en cas d'arrêt d'activité. Depuis 2019, l'Allocation des Travailleurs Indépendants (ATI) permet un versement de 800 EUR/mois pendant 6 mois en cas de liquidation judiciaire, mais les conditions sont restrictives.
  • Mutuelle santé : contrairement aux salariés qui bénéficient d'une complémentaire santé collective obligatoire (prise en charge à 50 % par l'employeur), le micro-entrepreneur doit souscrire et financer intégralement sa propre mutuelle. Coût moyen : 40 à 100 EUR/mois selon le niveau de garanties et l'âge.
  • Prévoyance : les indemnités journalières en cas d'arrêt maladie sont faibles (maximum 60 EUR/jour) et soumises à un délai de carence. Pas de maintien de salaire par un employeur. Une assurance prévoyance complémentaire (contrat Madelin) est fortement recommandée.
  • Accidents du travail : le micro-entrepreneur n'est pas couvert par le régime AT/MP des salariés. Il doit souscrire une assurance spécifique s'il souhaite être couvert en cas d'accident professionnel.

La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Le micro-entrepreneur est redevable de la CFE, un impôt local basé sur la valeur locative des locaux professionnels. Même s'il travaille à domicile, une cotisation minimale est due (entre 200 et 600 EUR/an selon la commune). Les exonérations sont possibles :

  • Première année d'activité : exonération totale
  • CA inférieur à 5 000 EUR : exonération permanente depuis 2019
  • Zones prioritaires : exonération temporaire dans certaines zones (ZFU, QPV, etc.)

L'ACRE : une aide au démarrage

L'Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise (ACRE) permet une réduction de 50 % des cotisations URSSAF pendant la première année d'activité. Pour un prestataire BNC, le taux passe de 21,2 % à environ 10,6 % pendant les 4 premiers trimestres civils d'activité.

Impact de l'ACRE pour un prestataire BNC à 4 000 EUR CA/mois :

Sans ACRE : cotisations = 4 000 × 21,2 % = 848 EUR → net = 3 152 EUR
Avec ACRE : cotisations = 4 000 × 10,6 % = 424 EUR → net = 3 576 EUR
Gain ACRE : +424 EUR/mois, soit environ 5 088 EUR sur la première année

L'ACRE est accordée automatiquement aux créateurs d'entreprise (une seule fois par période de 3 ans). Elle est particulièrement intéressante pour les demandeurs d'emploi qui cumulent l'ACRE avec le maintien partiel de l'ARE.

Équivalence avec un salaire net de salarié

Pour comparer la rémunération d'un micro-entrepreneur avec celle d'un salarié, il faut intégrer l'ensemble des charges et avantages :

ÉlémentSalarié (3 000 EUR brut)Micro-entrepreneur (équivalent)
Rémunération brute / CA3 000 EUR≈ 4 200 EUR CA
Cotisations sociales690 EUR (salariales)890 EUR (URSSAF)
Mutuelle≈ 30 EUR (part salariale)≈ 60 EUR (totalement à charge)
PrévoyanceIncluse (patronale)≈ 40 EUR (à charge)
ChômageCouvertNon couvert
Congés payés5 semaines payéesNon rémunérés
Net disponible≈ 2 310 EUR≈ 3 210 EUR (mais sans congés)
Net disponible ajusté (congés)≈ 2 310 EUR≈ 2 940 EUR (−10 % congés)

En intégrant l'absence de congés payés, de prévoyance et de chômage, un micro-entrepreneur doit facturer environ 40 à 50 % de plus que le brut d'un salarié pour atteindre un niveau de protection et de rémunération équivalent.

Le cumul micro-entreprise et activité salariée

Il est tout à fait possible de cumuler une activité salariée et une micro-entreprise, sous réserve de respecter la clause de loyauté et, le cas échéant, la clause de non-concurrence du contrat de travail. Ce cumul est particulièrement courant pour tester un projet entrepreneurial tout en conservant la sécurité du salariat. Les cotisations sont alors calculées indépendamment sur chaque activité : le salarié paie ses cotisations classiques sur son salaire, et ses cotisations URSSAF forfaitaires sur le CA de la micro-entreprise. Les droits à la retraite sont acquis sur les deux régimes simultanément. En cas de perte de l'emploi salarié, les indemnités chômage (ARE) restent accessibles, avec un éventuel cumul partiel ARE-revenus de la micro-entreprise, dans la limite du salaire antérieur. Le salarié-entrepreneur doit simplement veiller à déclarer ses revenus auprès de France Travail pour permettre le calcul du cumul.

À retenir : L'auto-entrepreneur conserve entre 72 et 88 % de son CA selon l'activité, après cotisations URSSAF, CFP, VFL et frais professionnels réels. Le versement libératoire est intéressant à partir d'un TMI de 11 %. L'ACRE réduit les cotisations de 50 % la première année. La CFE est due à partir de la 2e année (exonération si CA < 5 000 EUR). La protection sociale est limitée : pas de chômage, retraite proportionnelle au CA, mutuelle et prévoyance entièrement à charge. Pour un revenu équivalent à un salarié, il faut facturer 40 à 50 % de plus en CA. Les plafonds de CA (77 700 EUR en services, 188 700 EUR en vente) conditionnent le maintien du régime.

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Sources officielles

Questions fréquentes

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